Par Eric Albert (Londres, correspondance)Publié hier à 20h21, modifié hier à 21h41 Le Monde
Avec trois ans de retard, les produits agroalimentaires allant de l’Europe continentale vers la Grande Bretagne subissent depuis mercredi des contraintes liées au Brexit. Les exportateurs doivent fournir des certificats sanitaires, ce qui fait craindre un engorgement aux frontières.
Sept ans et demi après le vote pour sortir de l’Union européenne, et trois ans après la sortie effective des Britanniques du marché unique européen, les règles commerciales post-Brexit continuent à se mettre lentement en place. Depuis mercredi 31 janvier, les exportations de biens alimentaires et de plantes de l’Union européenne vers le Royaume-Uni nécessitent d’être accompagnées de certificats sanitaires britanniques, qui n’étaient pas prêtes, ont attendu pour imposer les mêmes contrôles sanitaires, qui nécessitent un certificat fourni par un vétérinaire. A cinq reprises, elles ont annoncé leur entrée en vigueur, avant de les repousser, craignant notamment le surcoût que cela représenterait. La Grande Bretagne important 30 % de ses produits alimentaires de l’Europe continentale, il ne voulait pas ajouter de choc supplémentaire pendant la période du Covid-19 puis pendant la poussée d’inflation qui a suivi. Les exportateurs européens se retrouvaient donc avantagés par rapport à leurs concurrents britanniques.
Ce ne sera désormais plus le cas, avec une entrée en vigueur progressive des nouvelles normes. Pendant une période intérimaire de trois mois, les certificats sanitaires seront requis, mais les contrôles physiques des marchandises ne débuteront qu’en avril.
Si les exporteurs n’auraient pas la documentation nécessaire. Est-ce qu’elles seront bloquées à l’entrée [du territoire] ou est-ce qu’elles seront traitées après ? Ça risque de mener à bloquer des livraisons si ce n’est pas bien géré. »
Inquiétude sur l’adaptation des petites et moyennes entreprises :
En janvier 2021, quand les contrôles européens avaient débuté, de nombreux camions s’étaient retrouvé bloqués à la frontière, faute de papiers en règle. Pour les biens périssables, notamment les poissons, des cargaisons entières ont été perdues. Ces problèmes ont désormais presque disparu, l’industrie s’étant adaptée aux nouvelles normes. Mais, selon les calculs du gouvernement britannique, ces changements ont coûté 330 millions de livres (390 millions d’euros) aux entreprises britanniques. Selon les calculs de la Chambre de commerce britannique, les entreprises de la grande île qui exportent vers l’Europe continentale ont subi en moyenne un surcoût de près de 100 000 livres (117 000 euros) depuis 2020 pour s’adapter aux règles post-Brexit.
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