Commentaire : Copenhague compte des banlieues d’immigrés, avec des problèmes de criminalité, de pauvreté et de chômage.
Les Danois voteront mardi pour élire leur nouveau gouvernement. L’actuelle Première ministre, Mette Frederiksen (sociale-démocrate), est candidate à sa réélection. Pendant son mandat, elle a poursuivi une politique de démantèlement des « ghettos » dans le pays, considérée comme l’une des plus radicales d’Europe. Pour être considéré comme une société parallèle ou un ghetto, un quartier doit répondre à plusieurs critères, mais surtout 50 % de ses habitants doivent être originaires de pays non-occidentaux. Reportage à Cophenague d’Anne Mailliet et Willy Mahler.
Transcription
Le quartier de mieux le Nord Parker au nord de Copenhague souffre d’une mauvaise réputation la loi danoise le considère officiellement comme une société parallèle : un label qui heurte les habitants du quartier comme Saïd un jeune étudiant en architecture lorsque l’on grandit ici que l’on voit comment le gouvernement implique ses lois qui vit seulement une partie de la société et bien forcément on a un sentiment d’injustice.
Depuis 2018 les autorités danoises ont établies des critères qui définissent ces sociétés parallèles communément appelées ghetto, parmi lesquels un taux de chômage au-delà de 40%, un taux de criminalité plus élevé que la moyenne nationale et surtout un taux d’habitants d’origine non occidentale qui dépasse les 50%. Ces critères autorisent leur démantèlement. Ici deux bâtiments ont été rasés et les deux tiers de ces logements sociaux vont devenir privés.
Voici une vue aérienne de Mjølneparken. Après les rénovations en cours sur le terrain la régie immobilière est chargée de mettre en oeuvre la politique du gouvernement : une méthode agressive mais justifiée selon le responsable du quartier. En 2017 nous avons eu une guerre de gang à Copenhague. Avant ça en 2015 il y a eu des fusillades terroristes liés d’une certaine manière à mieux le parken
tout cela nous a ramené des années en arrière et a eu raison de la patience des responsables politiques. 250 familles ont déjà déménagé elles sont pour la plupart relogées dans des quartiers plus excentrés.
Mais de nombreux résidents comme Michael Feller refusent de quitter la cité.Je l’aime beaucoup ce quartier les gens sont très gentils ici. On sent que l’on peut parler à tout le monde Elle est enseignante. Elle habite depuis 8 ans. À Mjølneparken avec d’autres habitants du quartier elle porte plainte contre le gouvernement danois pour ce qu’elle considère comme une politique discriminatoire. Les plaignants sont soutenus par un rapport des Nations Unies. C’est la première fois dans l’histoire danoise que les Nations Unies s’associent à une plainte contre le gouvernement. Bien sûr cette loi est également discriminatoire envers les personnes qui ont des bas salaires ou un faible niveau d’éducation mais le critère essentiel est déterminant. C’est le critère des origines non occidental et c’est cela que nous dénonçons avec cette plainte. À Copenhague deux quartiers sont actuellement considérés comme des sociétés parallèles à démonter. Ici à timbiya la municipalité a libéré des terrains pour la construction des logements privés. Une maison individuelle coûte environ 300000 euros, un prix inaccessible pour les habitants du quartier. Vous voyez ce sont surtout les soi-disant vrai danois qui vivent ici.
Leila a grandi dans cette cité qu’elle peine désormais à reconnaître. La jeune étudiante est de nationalité danoise d’origine tunisienne et palestinienne. Avec la loi anti-ghetto, la stigmatisation des populations immigrées s’est aggravée, selon elle. D’abord mon prénom n’est pas danois, mon nom de famille ne l’est pas non plus et en plus j’ai cette adresse et c’est très compliqué de trouver un
travail avec tout ça. Reste que la politique d’intégration au forceps menée par le gouvernement social-démocrate et soutenu par la majorité des autres partis politiques. Le maire de Copenhague en charge de l’intégration en vente les résultats : la criminalité est en baisse et on constate également que de nombreux habitants de ces quartiers ont un travail normal. Désormais le taux de chômage a baissé de 30% dans le secteur. Ça va dans la bonne direction.
Au Danemark la crise migratoire de 2015 en particulier a marqué un tournant. Cette année-là le pays a accueilli plus de 75 000 personnes contre une moyenne annuelle autour de 50 000 depuis 2010. Un record qui a relancé le débat sur l’immigration et l’intégration et candidat dans la circonscription de Mjølneparken. Il représente un nouveau parti vert et antiraciste. Pour lui, les lois anti ghetto sont surtout destinés à envoyer un signal à tous les migrants. Depuis 20 ans les gouvernements successifs se livrent à une compétition sur les politiques d’immigration. Il s’agit d’envoyer un message au réfugiés et aux migrants pour qu’ils ne viennent pas au Danemark. Au fil du temps toutes les politiques ont ainsi viré à droite et aujourd’hui, nous avons les lois les plus strictes en la matière. Les autorités veulent éradiquer toutes les cités considérées comme des ghettos. D’ici à 2030, une vingtaine de quartiers se trouvent actuellement sur la liste officielle des sociétés parallèles.

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